Festival des Passeurs d’Humanité dans la Roya,
le monde d’après n’était plus si loin !

Lundi 20 juillet, midi, le dernier barnum est démonté, les chaises et les tables entassées, la voile géante en forme d’oiseau qui nous a abrité.e.s commence à s’affaisser, le site de la gare de Saint-Dalmas de Tende qui a accueilli plus d’un millier de festivalier.e.s est d’une propreté exemplaire… Dimanche soir, le festival des Passeurs d’Humanité s’est arrêté mais toutes et tous auraient bien voulu que ça continue encore.

Dans cette période si grave, les valeurs de solidarité, elles, ne sont pas confinées et ont franchi toutes les barrières. Étonnante ambiance de bien-être pendant ces 48 heures d’où tout le monde repart comme enchanté et ressourcé.
La gare mythique de Saint-Dalmas de Tende avait été construite par Mussolini pour manifester sa puissance dans ce hameau frontière, Italien jusqu’en 1947. Laissée à l’abandon depuis longtemps, cette bâtisse exceptionnelle a offert le temps du festival ses 24 fenêtres murées à l’imaginaire de 12 artistes. Pour dessiner un monde plus beau. Douze artistes divers d’âges et d’histoires réuni.e.s dans une œuvre commune pour raconter leurs relations personnelles aux merveilles humaines, géologiques, historiques de cette vallée merveilleuse.

Les débats se sont enchaînés les uns après les autres sous formes de petits déjeuners, de fenêtres ouvertes et de grands forums. Toujours des discussions pleines de passion.
Moments de découverte émouvants lorsque Yvan Gastaut retricote avec ses invité.e.s la grande Histoire politique avec les petites histoires individuelles tandis que quelque temps après, la Cie de l’Arpette, compagnie bien connue de la vallée, nous entraîne dans une visite des lieux complètement intime et décalée.

Intenses moments de réflexion lors des forums sur les biens communs avec Caroline Roose et Luc Gwiazdzinski où des pistes de recensement des compétences dans la vallée et des projets pour animer la gare sont évoqués… Le monde d’après grâce au duo complice de Dominique Bourg et Damien Carême a interpellé chacune et chacun : le changement c’est nous et dès à présent.

On a toutes et tous pu danser, s’émerveiller, écouter, pleurer, rire, s’émouvoir au rythme de spectacles sensibles, percutants, ludiques, vibrants. La relation étroite de ses spectacles avec l’histoire, la réalité et les actrices et acteurs de cette vallée est venue enrichir l’une des raisons d’être de ce festival, faire valoir la richesse humaine et artistique qui s’y déploie…
Lecture et littérature ont été au rendez-vous, la librairie n’a pas désempli, les enfants ont pu lire sans relâche, bénéficier de chèque lire dans le cadre de Partir en livre et ainsi assurer leur rôle de petits passeurs d’humanité.
Boire, manger bio et végétarien, faire connaissance avec l’autre venu de Nice, du Haut Doubs, de Rennes ou d’à côté de la Vésubie pendant 2 jours, à l’évidence, cette édition du festival prend racine dans la vallée, s’infiltre dans des interstices, apporte et prend, donne et reçoit. De nombreuses et nombreux Tendasques sont venu.e.s cette année et ne cachent pas leur surprise et leur bonheur d’être là et nous diront les jours suivants leurs remerciements pour notre contribution à la vie de la vallée.

Le débat sur le retour des urgences pour l’accueil des migrants à Vintimille sous l’égide de Roya citoyenne ou celui avec Emmaüs et Cédric Herrou contribuent à montrer que la richesse des solidarités bouscule les préjugés et les montagnes.

Tout au long de ces 2 jours, la démarche fondatrice des Ami.e.s de la Roya qui consiste à lancer des passerelles a été sans doute mieux perçue tant il est vrai que Passeurs d’Humanité est naturellement le contraire du repli sur les certitudes et les identités.

Notre récompense est là dans le bien-être des festivalier.e.s et le magnifique succès du festival.
Alors disons ce joli mot : Merci !
Merci à la belle équipe qui a concocté dans une situation éprouvante et instable, la programmation, veillé à la bonne organisation des repas et de la sécurité, assuré la technique et la logistique, recherché les financements, etc.
Merci aux bénévoles de la vallée et de toute la France sans qui il n’y aurait pas de festival. Merci aux associations partenaires à qui nous redisons le caractère mutuellement avantageux de nos indépendances.
Comme chaque année, l’équilibre du festival reste fragile. alors, merci à nos soutiens qui le rendent possible, cette année particulièrement à la SNCF Immobilier et au CNL qui ont rendu possible cette première sur la façade de la gare, à la fondation Artutti et au groupe ALE/VERTS au parlement européen pour leur aide précieuse et à la mairie de Tende pour son accueil.

Et merci par avance à celles et ceux qui s’attacheront à le rendre possible l’an prochain !

Jacques Perreux,
Président des Ami.e.s de la Roya

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